La Peugeot 402 Eclipse n'est certes pas le premier coupé-cabriolet du constructeur car nous retrouvions déjà ce principe chez les Peugeot 401 et 601. Par contre Peugeot est bien le premier à appliquer ce principe. Quant à la 402 Eclipse, elle est la plus symbolique des premiers coupés-cabriolets de la marque au lion.
« Le premier à appliquer ce principe », car il faut savoir que Peugeot n'en est pas non plus l'inventeur. En effet le principe du toit en tôle d'acier escamotable dans le coffre arrière d'une automobile est inventé au tout début des années 30 par Georges Paulin, chirurgien-dentiste et dessinateur amateur. Connaissance du carrossier Marcel Pourtout, son dessin sera transformé par ce dernier afin de répondre aux exigences de la clientèle fortunée du concessionnaire Peugeot de Paris Emile Darl'Mat. Le nom d'Eclipse sera donné à ce dispositif par G.Paulin lui-même.
L'Eclipse reste malgré tout un dérivé d'un modèle et non un modèle à part entière. En effet la Peugeot 402, produite entre 1935 et 1942, avait pour vocation de remplacer la Peugeot 401 et la Peugeot 601 (un peu comme le fait la Peugeot 408 aujourd'hui en remplaçant les Peugeot 407 et 607). Apparue au Salon de Paris 1935 et précurseur et emblématique du Streamline appliqué à l'automobile en Europe, la Peugeot 402 sera composée de lignes fluides avec une silhouette d'une grande modernité. Une calandre arrondie et des ailes gonflées s'allient à une très longue carrosserie de 6 glaces et un pare-brise en coupe-vent en deux parties. Son innovation propre sera ses phares intégrés à la calandre. Le tout sera surnommé « fuseau Sochaux ».

Face à une concurrence représentée par la Citroën Traction Avant et les modèles de Renault, la Peugeot 402, conçue par Henri Thomas (responsable à l'époque du département Etudes Carrosseries), va vite connaitre un grand succès. A tel point qu'elle sera adoptée par les chauffeurs de taxi et l'armée. De plus, une voiture sportive en sera délivrée ainsi que d'autres versions dont la Peugeot 402 Eclipse.
Produite de 1935 à 1938, l'Eclipse proposera soit 3 places en version électrique (la première année seulement), soit 5 places en versions manuelle. Pour des raisons techniques, le coffre est rallongé et l'habitable réduit et moins confortable. Elle est pourtant le modèle le plus long de la gamme. Sa longueur va en effet de 5 000 mm à 5 250 mm. Sa hauteur est de 1 580 mm, tandis que son empattement est de 3 300 mm. Le tout pour un poids total de 1 110 kg.
Question design extérieur, la Peugeot 402 Eclipse connaitra plusieurs évolutions avec son pare-brise qui deviendra plat et la roue de secours qui sera finalement intégrée à la malle arrière. De plus, des roues Michelin Pilote à bâtons plats feront leur apparition au cours des années.
Sur le châssis de type Bloctube de la série familiale seront installés des freins à tambours à câbles, des amortisseurs à leviers à double-effet et une boite Cotal électromécanique à présélection de 3 rapports (dont le premier synchronisé) accouplée à un moteur culbuté 4 cylindres de 1 991 cm3 de 55 ch à 4000 tr/min et de 11 ch fiscaux. Le tout pour une vitesse maximal de 135 km/h.
Un mécanisme hydraulique joint au moteur permettait d'insérer le toit dans le coffre en 5 secondes. De plus différentes options étaient disponibles telles que le chauffage et le poste de radio.
550 exemplaires seront produits pour un prix de 140 911 francs soit 21 481.74 euros actuels. Une trentaine existerait encore aujourd'hui, chacune étant estimée aux environs de 200 000 euros.
Avec 20 ans d'avance sur la Ford Skyliner 1957, et lointaine inspiratrice des 207 et 308 CC mais aussi de tous les coupés-cabriolets du marché, la Peugeot 402 Eclipse, elle-même héritière des 401 Eclipse et 601 Eclipse, était une réelle révolution à l'époque comme l'indique cette publicité de l'époque : « Vous partirez avec la plus belle voiture. Quelles que soient la longueur et la difficulté des étapes, vous arriverez sans retard et sans fatigue. Vous roulerez aisément à 110 à l'heure et vous dépenserez moins de 12 litres aux 100 kms... »

Alors, certes, le système de fermeture de toit de la première Mercedes SLK était innovant, mais le concept de Coupé-Cabriolet existait déjà depuis plusieurs dizaines d'années. Alors, pourquoi avoir laissé mentir la presse spécialisée et laissé croire au grand public l'inverse ?
Sûrement pour se lancer des fleurs, abaisser la concurrence, ou même se prévaloir d'une des inventions les plus révolutionnaires et spectaculaires de l'automobile. Pourquoi ne pas avoir rétabli la vérité et rendu à César ce qui est à César ?
Nous ne le saurons jamais mais sachez simplement que Peugeot, grâce au génie d'un chirurgien-dentiste, prouve à qui veut l'entendre qu'il ne faut pas l'enterrer si vite.








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