Dévoilé au salon de Genève 1996 où il a été élu « meilleur concept », la Lamborghini Raptor Zagato Concept est le fruit d'une collaboration entre Zagato (surtout Andrea Zagato et le designer en chef de Zagato Nori Harada) et Alain Wicki (sportif suisse) pour Lamborghini. En effet c'est Mike Kimberley, alors PDG de Automobili Lamborghini SpA, qui désirait un concept qui puisse accrocher le regard. D'autant plus qu'ici nous avons affaire à une proposition réalisable en petite série et non une idée sans lendemain.
La Raptor n'est pas la première création de Zagato pour Lamborghini, nous pouvons aussi citer la Lamborghini 350 GTZ de 1966. Basé sur la Lamborghini Diablo VT, ce concept fut crée par CAO (conception assistée par ordinateur) (une des premières fois au monde) et développé en à peine 4 mois sans devoir recourir à un modèle grandeur nature en argile. Zagato espérait en produire une cinquantaine d'exemplaires. Malgré l'intérêt de la clientèle fortunée de Lamborghini, ce modèle rare ne connut jamais un tel succès. Trois exemplaires auraient été pré-vendus à la clôture du salon.
Coté mécanique, Le V12 60 ° maison à quatre soupapes par cylindre est de retour avec une puissance annoncée de 492 ch à 7 000 tr/min, puissance pouvant être portée à 620 ch à l'aide d'un turbocompresseur d'origine Z-Engineering (qui serait en option en cas de production). Le couple est de 580 Nm à 5 200 tr. Ce moteur de 5,7 l placé en position centrale arrière, est accouplé à une boite 5 vitesses. La transmission aux quatre roues motrices permet de tout maintenir sous contrôle. De plus, les freins Alcon et les immenses disques améliorent le freinage déjà connu sur la Diablo tandis qu'ils comblent l'absence du contrôle de traction et de l'ABS. Les pneus sont des P-Zero 245/35ZR18 à l'avant et 335/30ZR18 à l'arrière avec des jantes en magnésium. Le châssis est composé d'alliages d'aluminium, de carbone et de panneaux Comosite. Même si la consommation peut s'avérer importante avec 13,3 l aux 100 à une vitesse de 90 km/h, 15,2 l aux 100 à 120 km/h et 20.9 l aux 100 en cycle urbain, les prestations restent ahurissantes grâce à un poids de 1 350 kg, soit 300 kg de moins que la Diablo. En effet le 0 à 100 est abattu en 3,9 secondes et la vitesse de pointe est de 330 km/h.

Des lignes agressives du capot avant aux flancs sculptés à l'arrière musclé composé d'une large prise d'air agressive avec ses larges roues arrières, une véritable bête de performance se dessine devant nos yeux. L'ensemble pare-brise/portières/toit se soulève pour laisser apparaitre deux sièges en alcantara. L'accès au moteur se fait en levant le bloc de carrosserie arrière. La spécificité de la Raptor est que ce coupé deux places peut se transformer soit en une barquette en enlevant le toit à double bosselage typique de Zagato, soit en une voiture de course monoplace. Le tout mesure 4 380 mm de long pour 2 020 mm de large et 1 100 mm de hauteur.

Concentré de conceptions avancées et d'ingénierie, l'intérieur est composé d'un tableau de bord numérique avec les données clés du moteur et la console de gestion avec les commandes nécessaires, d'un sélecteur de vitesses classique et le seul luxe qui lui est réservé est l'air conditionné.

Tel un karting dans les virages, puissante et performante, cette voiture est digne d'une Lamborghini.
Unique exemplaire produit, entièrement homologable, réalisé dans un délai extrêmement court, ce projet a été refusé par Lamborghini, alors sous l'égide d'Audi. Les médias avaient avancé l'idée quel e le Raptor aurait très bien pu se glisser entre la Diablo et son successeur alors appelé Canto. D'ailleurs avec commandes prises lors du Salon de Genève, les clients potentiels étaient bien présents. Au lieu de ça Lamborghini a décidé de relooker la Diablo avant de passer à la prochaine supercar, la Murcielago.
Considéré comme un retour à la conception de voitures de sport pour Zagato, celle que l'on appellera Zagato Raptor ou Lamborghini Raptor n'aura aucune descendance officielle mais inspirera de nombreuses sportives d'aujourd'hui.
Alain Wicki dira : « Ceci est un juste un prototype, une sorte de laboratoire, qui montre ce que sera la production de demain. »
Alors pourquoi Lamborghini ne l'a pas produite ? Peut-être Audi avait-il pris peur et refusa que d'autres aient des idées innovatrices. Certes, c'est une idée un peu dure mais qui peut se tenir.
Alain Wicki possédait le seul exemplaire qu'il a vendu en 2000 aux en chères au salon de Genève pour 350 000 francs, soit 216 371.88 $, soit moins cher qu'une Diablo neuve à un collectionneur américain en provenance d'Europe Brooks, propriétaire de la maison Bonhams.
Le 13 août 2008 a été vendu à Pebble Beach par la maison Blackhawk, ce même exemplaire estampillé châssis P06 à un prix resté inconnu jusqu'alors.















