Souvenez-vous du salon de Detroit 2000. Comme à leur habitude, les constructeurs du nouveau continent se battent avec pour armes des pick-up et des SUVs de plus en plus gros.
Or c'est lors de ce salon que Buick révèle au public un concept qui fera couler beaucoup d'encre pour finalement passer au fur et à mesure aux oubliettes.
Et pourtant ce concept révolutionne entièrement l'automobile.
Imaginez un peu : Votre voiture de luxe se transforme à la simple pression d'un bouton en transporteur de fret léger avec un lit ouvert (autrement dit un pick-up). Le hayon glisse vers le bas et par voie électronique sous le véhicule. Au cours de cette opération, la partie avant du toit se déplace légèrement vers le bas pour tenir compte des panneaux coulissants.
Année 2002, Citroën présente la C3 Pluriel qui sera lancée en mai 2003, même idée. Or, tout le monde parle à cette époque d'une révolution, d'une innovation Citroën, d'un hommage à la Méhari, de quelque chose jamais fait par aucun constructeur auparavant. Etonnant, non ?
Rentrons un peu plus en détail avec cette Buick mystérieuse.
Son but premier, que Buick possède enfin un véhicule utilitaire dans sa gamme. Mais comme Buick était synonyme de luxe, le concept reprend finalement la grille des codes du luxe de l'époque.
La Buick LaCrosse Concept 2000 est avant tout une berline de luxe. Comprenez par là cinq véritables places et un florilège de technologie. Roger W. Adams, directeur général de Buick à l'époque, parlera d'ailleurs de « la dernière évolution de la catégorie des berlines de luxe américaines ».
Cette berline 5 places allie luxe et confort avec un design extérieur élégant faisant référence immédiatement au passé et à l'histoire de Buick. La plupart des équipements sont à commande vocale. Seuls l'accélérateur, les freins et la direction sont à la charge du conducteur. De plus un joystick installé sur la console centrale permet de contrôler notamment la climatisation et le système audio. Citons aussi un affichage tête haute pour le conducteur et le passager avant.

Les quatre portes du monstre sont à commande électrique et articulées aux montants avant et arrière, facilitant l'accès. Des « fauteuils club » avec repose-pieds passagers ont été installés et sont tous à réglage électrique.

La configuration standard de l'automobile est une berline fermée par un toit panoramique permettant d'observer à volonté nuit étoilée et fraîcheur.
Il s'agit d'un monocoque mêlant habilement aluminium et métaux traditionnels. L'empattement est de 121.7 pouces et les roues sont chaussées de pneus Michelin de 21 pouces. ABS et freins à disques sont bien sûr présents. Question motorisation, nous sommes ici en présence d'un bon vieux V8 4.2 l monté transversalement de 265 chevaux à 5 600 tr/min et 32 soupapes, le tout accouplé à une boite auto 4 vitesses. Les roues avant sont motrices.

Autant berline, que cabriolet ou pick-up et munie de la traditionnelle grille de calandre « Chute de pluie », cette voiture a le bonheur de nous rappeler finalement les bonnes vielles Buick des années 50.

Dave Lyon, designer en chef de Buick cette année-là dira « LaCrosse incarne un confort total, la beauté et la fonctionnalité sans compromis ».

Quant à Roger W. Adams, directeur général de l'époque, il la décrira comme « une combinaison exceptionnelle de style, fonctionnalité et flexibilité ».
Dernière petite précision : Le concept est roulant !

Alors les questions que l'on se pose sont les suivantes : Citroën était-il au courant de ce concept ? A-t-il simplement voulu l'adapter à une citadine ? Ou alors était-il en manque d'image de marque et a préféré copier une idée plutôt que de véritablement « inventer » et « innover » ?
On ne le saura jamais. Je ne remets pas en doute la capacité de Citroën à être novateur et en avance sur son temps. Ils nous l'ont prouvé à plusieurs reprises et encore aujourd'hui. Je mets juste le point sur un fait qui à mes yeux est passé inaperçu.


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